Comment préserver la qualité des aliments grâce à la modification des dates « meilleur avant »
May 11, 2026

May 11, 2026
Au Canada, près du quart du gaspillage alimentaire évitable qui survient entre la transformation et l'achat est attribuable aux pratiques de codage des dates, comme les dates « meilleur avant. »
Cela signifie qu'environ 1,6 million de tonnes métriques — soit 12,37 milliards de dollars d'aliments sains et consommables — n'arrivent pas jusqu'aux rayons des épiceries ou sont retirées trop tôt.
Le rapport de recherche récemment publié par Deuxième Récolte, intitulé « Étude sur le lien entre datation des produits et gaspillage alimentaire », a examiné comment la réglementation canadienne en matière de codage des dates contribue au gaspillage, en évaluant la situation du pays par rapport à d'autres pays comparables et en formulant des recommandations pour améliorer l'étiquetage des aliments et les politiques de réduction du gaspillage.
Qu'est-ce que la datation/le codage des dates?
Introduits par les autorités réglementaires en 1976, les codes de date ont été conçus pour aider les consommateurs à comprendre pendant combien de temps les produits à courte durée de conservation, comme les produits laitiers et les produits de boulangerie frais, conserveraient leur fraîcheur, leur goût et leur valeur nutritive optimaux. La datation est réglementé par Santé Canada et appliqué par l'Agence canadienne d'inspection des aliments en vertu des lois fédérales sur les aliments.
Au cours des dernières décennies, l'utilisation des dates « meilleur avant » s'est étendue à la plupart des aliments et boissons vendus au Canada.
En plus de la date limite de consommation optimale, certains produits doivent obligatoirement porter une date de péremption, qui indique à partir de quand un produit peut ne plus être sans danger pour la consommation. Ces dates figurent uniquement sur cinq catégories d'aliments spécifiques : les substituts de repas, les suppléments nutritionnels, les préparations pour nourrissons, les aliments liquides formulés et les aliments pour régimes hypocaloriques. Elles ne sont pas présentes sur la plupart des produits d'épicerie courants.
Où réside la confusion?
Les dates « meilleur avant » concernent la qualité, et non la sécurité. Pourtant, des études montrent que les consommateurs ont tendance à les considérer comme des dates de péremption, c'est-à-dire des dates limites de consommation.
Le problème, c'est que cette confusion engendre un gaspillage inutile tout au long de la chaîne d'approvisionnement.
La bonne nouvelle, c'est que les pays qui ont modifié leurs pratiques en matière d'étiquetage des dates ont réussi à réduire le gaspillage alimentaire tant au niveau national qu'à l'échelle de l'ensemble du système alimentaire, ce qui permet de maintenir davantage de denrées alimentaires de bonne qualité en circulation.
Exemples de réussite à travers le monde
L’étude de Deuxième Récolte sur le codage des dates a comparé les mesures prises par la Californie, l’Australie, le Royaume-Uni, l’Union européenne, les pays nordiques, la Corée du Sud et le Japon pour réduire le gaspillage alimentaire.
Bien que leurs approches diffèrent légèrement, plusieurs points communs se dégagent de leurs réussites.
Le codage des dates comme outil de politique alimentaire
L’étude a démontré que les modifications apportées au codage des dates sont plus efficaces lorsqu’elles s’inscrivent dans une politique plus globale de lutte contre le gaspillage alimentaire.
L’Australie en est un bon exemple, car sa Stratégie nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire identifie explicitement la confusion autour des dates « meilleur avant » comme une cause de gaspillage domestique. Le Royaume-Uni illustre également cette approche par le biais de directives nationales et d’un soutien politique en matière d’étiquetage des dates.
L’Union européenne et les pays nordiques considèrent eux aussi le codage des dates comme faisant partie d’un cadre plus large de réduction du gaspillage alimentaire, tandis que l’Italie montre que la politique de lutte contre le gaspillage alimentaire peut aller au-delà de l’étiquetage en associant des incitations aux dons à une coordination sectorielle.
Allègement de la réglementation pour les produits moins périssables
Une autre tendance marquée est la réduction du recours aux dates « meilleur avant » lorsqu'elles ne sont pas liées à la sécurité alimentaire, compte tenu de leur mauvaise compréhension par les consommateurs.
La Corée du Sud a abandonné les dates « meilleur avant » trop prudentes au profit des dates limites de consommation (« à consommer avant le ») qui reflètent mieux la durée de conservation réelle. Au Royaume-Uni, les détaillants peuvent retirer volontairement les étiquettes « meilleur avant » sur certains produits.
Une meilleure distinction entre sécurité et qualité
Les exemples internationaux les plus probants montrent que les consommateurs bénéficient d'une distinction claire entre sécurité et qualité des aliments.
Le Royaume-Uni, l'Australie, l'Union européenne et les pays nordiques utilisent tous des systèmes qui distinguent clairement les mentions « à consommer avant » (pour des raisons de sécurité) des mentions « meilleur avant » (pour des raisons de qualité). Cela permet aux consommateurs de mieux comprendre quand un aliment est réellement dangereux pour la santé et quand il a simplement dépassé son pic de fraîcheur. Cette clarté s'avère efficace, car elle réduit le gaspillage inutile dans les foyers et les magasins, tout en renforçant la confiance des consommateurs dans les aliments qu'ils achètent et conservent.
Nous savons, grâce à nos pairs, que les changements apportés au codage des dates sont plus efficaces lorsqu'ils s'inscrivent dans une stratégie coordonnée, et non pas comme une simple modification d'étiquette.
Avec une approche modernisée et une stratégie nationale, le Canada peut atteindre le même objectif : des codes de date plus clairs, des consommateurs plus confiants et des millions de kilos d'aliments sains qui restent dans nos assiettes au lieu de finir dans les décharges.
Vous pouvez vous joindre à Deuxième Récolte pour demander au gouvernement canadien d'agir sans tarder sur cette question.