Ce que les habitudes alimentaires modernes peuvent apprendre des générations passées

March 5, 2021

Les habitudes alimentaires modernes sont radicalement différentes de celles des générations précédentes.

Grâce à des applications mobiles, nous pouvons nous faire livrer en moins d'une heure des plats de centaines de restaurants locaux. Nous pouvons faire notre épicerie en ligne et nous les faire livrer directement chez nous. Fin 2019, près de 16 % des Canadiens interrogés déclaraient acheter leurs produits d'épicerie en ligne. Fruits tropicaux, épices rares, produits locaux et légumes frais sont livrés toute l'année, partout dans le monde. Nous faisons régulièrement nos courses : environ 26 % des Canadiens pratiquent le « micro-achat » en se rendant à l'épicerie deux ou trois fois par semaine.

Avant la COVID-19, 54 % des Canadiens déclaraient manger au restaurant au moins une fois par semaine. Si la moitié d'entre nous y mangent par plaisir, 40 % le font par commodité, faute de temps ou de savoir cuisiner.

Bien sûr, plus on remonte dans le temps, plus l'écart entre les habitudes alimentaires modernes et celles des générations passées est important. Nombre de nos grands-parents et/ou arrière-grands-parents avaient des garde-manger et des caves bien garnis,

avec, par exemple, des conserves, des produits secs, des légumes racines, de la charcuterie et des viandes congelées.

Ils cuisinaient maison par nécessité. Ils n'avaient pas accès aux supermarchés en ligne ni à proximité. Les plats préparés et les pâtisseries étaient faits maison par les voisins et les amis, et non par les grandes entreprises. Ils échangeaient des fiches recettes et avaient toujours sous la main de vieux livres de cuisine usés.

Cuisiner demandait du temps, de l'amour et des efforts. Le résultat était souvent bien plus savoureux et nutritif que les plats surgelés et préemballés d'aujourd'hui. Les ingrédients étaient des aliments entiers provenant directement du jardin, du producteur, du moulin, du boucher ou du marchand – selon les générations.

Mais malgré les progrès (ou les reculs) réalisés, les générations passées peuvent nous apprendre des leçons intemporelles et toujours pertinentes en matière de préparation et de conservation des aliments.

5 leçons tirées des générations passées pour modifier vos habitudes alimentaires modernes

What Modern Eating Habits Can Learn From Past Generations

1. Cultiver vos propres aliments

Selon l'endroit où vous vivez, vous avez peut-être la chance d'avoir un potager à l'extérieur. Si ce n'est pas le cas, de nombreuses herbes aromatiques et salades, par exemple, peuvent pousser à l'intérieur, près d'une fenêtre ensoleillée ou sur une terrasse. Il existe peut-être même un jardin communautaire à proximité auquel vous pouvez accéder. Il n'y a rien de plus gratifiant — et nutritif — que de cultiver, récolter  et déguster ses propres aliments.

Les générations précédentes cultivaient une grande partie de leur propre nourriture et mangeaient des produits de saison. Beaucoup d'entre elles récoltaient également leur propre viande, leurs œufs et leur poisson en élevant des poulets et des animaux de ferme et en chassant ou en pêchant. Ou, si elles cultivaient leurs propres céréales, par exemple, elles pouvaient peut-être les échanger avec leurs voisins qui avaient des vaches contre du lait ou du bœuf.

Manger des aliments de saison est également bon pour la santé. Lorsque les fruits et légumes sont cueillis à pleine maturité, ils regorgent de saveurs et de nutriments. Les aliments de saison apportent à votre corps exactement ce dont il a besoin. De l'eau désaltérante, des vitamines et des minéraux en été ; des aliments copieux, réconfortants et gras en hiver.

Connaître et apprécier l'origine de nos aliments est un grand pas vers des habitudes alimentaires modernes meilleures et plus durables.

What Modern Eating Habits Can Learn From Past Generations

2. Préserver la fraîcheur saisonnière

Les générations passées salaient, congelaient, fumaient ou séchaient les viandes. Elles mettaient en conserve, séchaient et faisaient des confitures de fruits. Elles faisaient mariner, entreposaient à sec, rôtissaient, mettaient en conserve et congelaient les légumes, ainsi que les herbes et les céréales séchées. Tout cela permettait de préserver la fraîcheur des récoltes de printemps, d'été et d'automne tout au long de l'année. Aujourd'hui encore, certaines communautés perpétuent ces pratiques par nécessité, mais aussi par plaisir et par amour des saisons et de l'autonomie.

Si vous cultivez vos propres tomates, par exemple, vous savez combien leur saveur et leurs valeurs nutritionnelles sont supérieures à celles des tomates importées, cueillies avant maturité pour pouvoir se conserver pendant le transport et le stockage en supermarché. Essayer de rôtir vos tomates cerises et de les congeler à plat avant de les mettre dans un sac de congélation pour les ajouter à vos pâtes en hiver. Pensez aussi à les mettre en conserve ou à les congeler : vous vous en féliciterez plus tard.

3. Soutener les entreprises et les agriculteurs locaux

Heureusement, certaines des meilleures traditions d'antan perdurent. Dans chaque ville, on trouve des dizaines de marchés de producteurs, de bouchers, de boulangers, de poissonniers, de fromagers, de meuniers et autres artisans de la gastronomie à soutenir. La prochaine fois que vous ferez vos courses, penser à visiter un marché de producteurs local ou à privilégier les produits locaux, de saison et/ou biologiques.

Si les fruits et légumes locaux sont de saison, pourquoi ne pas acheter une caisse de tomates imparfaites directement au producteur et préparer une grande quantité de sauce tomate à congeler? Vous pouvez aussi faire de même avec des concombres, de l'ail et de l'aneth pour faire des cornichons, des pêches en conserve ou des confitures de fruits rouges.

Vous n'avez peut-être pas de potager, mais cela ne vous empêche pas de préserver la fraîcheur des produits locaux, comme le faisaient les générations précédentes.

What Modern Eating Habits Can Learn From Past Generations

4. Consacrer du temps à la cuisine

Parfois, ce sont les ingrédients qui font un bon repas. Si vous cultivez et récoltez déjà vos propres aliments ou si vous soutenez les agriculteurs et producteurs locaux, vous aurez envie de les mettre en valeur comme il se doit. Une salade fraîchement coupée et des herbes aromatiques, cueillies directement dans votre jardin (ou achetées au marché ou parmi les produits locaux de votre épicerie), n'ont besoin que d'un filet d'huile d'olive, de vinaigre, de sel et de poivre pour être sublimées.

Accordez-vous le temps et l'espace nécessaires pour cuisiner. Identifier ce dont vous avez besoin pour que l'expérience soit agréable et lancez-vous. Cela peut passer par la recherche d'inspiration dans des livres de cuisine, des recettes en ligne ou le visionnage de tutoriels vidéo ; ou encore par le désencombrement de votre cuisine ou tout simplement par la réservation d'un moment après le travail pour cuisiner.

Écouter votre album préféré, enfilez votre tablier, préparez-vous une boisson rafraîchissante ou chaude, une collation et faites-vous plaisir. Si vous souhaitez dîner à 19h30, assurez-vous de prévoir au moins une heure de préparation et d'avoir tous les ingrédients nécessaires à portée de main.

Éliminer les obstacles et vous découvrirez peut-être que vous aimez cuisiner (ou du moins apprécier le résultat). C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Cuisiner pour une personne n’est pas une excuse, car vous pouvez toujours cuisiner pour deux : pour vous ce soir et pour vous un autre jour, midi ou soir.

What Modern Eating Habits Can Learn From Past Generations

5. Qui ne gaspille pas ne manque de rien

En parlant de restes, trouver des façons de les agrémenter. Par exemple, si vous avez préparé des pâtes, penser à les manger dans deux jours (pour éviter la monotonie !) et préparez une salade ou faites sauter des légumes pour varier les plaisirs. Si vous savez que vous ne consommerez pas les restes immédiatement, congelez-les.

Une fois que vous aurez cultivé vos propres fruits et légumes, élevé vos propres œufs ou dépensé davantage pour soutenir les commerces locaux, vous comprendrez l’importance de ne rien gaspiller. Quel dommage de laisser pourrir vos tomates, si durement récoltées! Alors, mangez-les!

Penser à l’amour et au soin que vous apportez à vos propres cultures et appliquez-les aux ingrédients cultivés par d’autres.

Habitudes alimentaires modernes : commodité ou récompense?

Les habitudes alimentaires modernes ont éliminé tous les défis auxquels les générations précédentes étaient confrontées. La facilité est si tentante. Cultiver ses propres aliments, privilégier les produits locaux ou passer un après-midi à faire des conserves, des confitures et des salaisons demande des efforts. Faire son pain soi-même ou rôtir des légumes pour sa soupe maison demande du temps et de la motivation.

Mais penser aux bienfaits pour vous, votre corps et la planète. Les générations précédentes le savaient bien.