Qu’est-ce qu’un surplus alimentaire comestible (et pourquoi devriez-vous vous en soucier)?
May 3, 2022
May 3, 2022
Un surplus est une quantité supérieure aux besoins. Il s'agit d'un excès d'offre par rapport à la demande. Ainsi, selon cette définition, le surplus alimentaire correspond à la quantité d'aliments que nous produisons ou fabriquons en plus de la demande. C'est une abondance de nourriture. Dans un monde idéal, nous produirions juste assez de nourriture pour nourrir tout le monde. Tout surplus imprévu serait consommé. Or, au Canada, seulement 4 % des surplus alimentaires comestibles sont récupérés avant d'être gaspillés et redistribués pour nourrir les millions de Canadiens qui n'ont pas accès à une alimentation suffisante pour un régime alimentaire sain et équilibré.
Aujourd'hui, vous apprendrez :
Tous les surplus alimentaires ne se valent pas. Certains sont immangeables ou inévitables. Par exemple, les surplus inévitables comprennent les sous-produits animaux (os, coquilles, écorces) et le gaspillage alimentaire prévu, fréquent lorsqu'on ne consomme pas la totalité des aliments. Par exemple, si vous préparez un bouillon et jetez les légumes cuits, il s'agit d'un surplus planifié.
Les pertes et le gaspillage alimentaires évitables correspondent aux surplus d'aliments comestibles qui auraient pu être consommés, mais qui ont été gaspillés pour diverses raisons. Ce sont des aliments encore bons, sains et nutritifs. Il peut s'agir d'invendus (fruits et légumes non récoltés), de produits périmés ou d'aliments laissés à se gâter.

Vous l'aurez sans doute remarqué, nous parlons de pertes et de gaspillage alimentaires. En effet, il existe une différence, même si ces deux notions sont souvent confondues sous le terme générique de gaspillage alimentaire. Les pertes alimentaires surviennent lors de la production, après la récolte, ainsi que lors de la transformation et de la fabrication. Certaines sont inévitables, comme mentionné précédemment, mais d'autres peuvent être évitées.
Par exemple, une surproduction de lait sans débouchés ni demande entraîne le gaspillage après la production. De même, si des commandes sont annulées après les semis et la récolte, et que les agriculteurs ne trouvent pas d'acheteur de dernière minute, les aliments sont perdus à la ferme. Si un fabricant produit une quantité excessive d'un produit et dépasse les quantités contractuelles avec les distributeurs, il s'agit également d'un surplus alimentaire perdu. Enfin, les pénuries de main-d'œuvre imprévues qui entraînent la détérioration des produits avant la récolte ou la transformation constituent un autre exemple de perte alimentaire.

Tout au long de la chaîne alimentaire, on trouve les distributeurs, les détaillants (épiceries, hôtels, restaurants, institutions) et les consommateurs (foyers, etc.). C'est à ce stade que le gaspillage alimentaire se produit.
Par exemple, du pain ou des viennoiseries parfaitement consommables de la veille qui ne se vendent pas et finissent à la poubelle. Les fruits abîmés ou imparfaits, les légumes flétris, les légumes « moches » ou les produits proches ou dépassés en sont d'autres exemples. Le gaspillage de nourriture, quel qu'en soit l'auteur (distributeurs, camions de livraison, épiceries, restaurants ou même à la maison), est un gaspillage évitable.
Dans notre rapport novateur de 2022, intitulé « Occasion gâchée », Deuxième Récolte a révélé l’ampleur du gaspillage alimentaire.
L’industrie agroalimentaire canadienne produit chaque année 3,2 millions de tonnes métriques d’aliments excédentaires. De ces aliments délicieux, seulement 4 % sont récupérés avant d’être gaspillés et redistribués aux personnes dans le besoin.
Cela signifie que 96 % des aliments excédentaires sont gaspillés au Canada. Ces aliments ne sont ni récupérés ni redistribués pour aider à nourrir les millions de Canadiens qui souffrent d’insécurité alimentaire au quotidien.

Attention, ce chiffre de 96 % est une estimation prudente, basée sur ce que 127 177 entreprises potentiellement donatrices de surplus alimentaires interrogées estiment être des surplus comestibles qu’elles pourraient donner. Il ne s’agit pas forcément de surplus réellement comestibles, mais ces entreprises sont peu enclines à faire des dons à des associations de récupération alimentaire. La réalité pourrait être encore pire – et ce, rien qu’au Canada.
Des recherches ont démontré que la production alimentaire canadienne pourrait nourrir 52 millions de personnes, ce qui représenterait un surplus considérable pour une population de 38 millions d'habitants. Pourtant, un Canadien sur huit peine à se nourrir. Dans le deuxième rapport de Deuxième Récolte, réalisé en collaboration avec Value Chain Management International (VCMI), le Réseau invisible de l'alimentation au Canada, nous avons constaté qu'il y a quatre fois plus d'organismes de bienfaisance alimentaire pour nourrir les personnes dans le besoin que d'épiceries au Canada!
De plus, nous savons maintenant que 96 % des surplus alimentaires comestibles produits par l'industrie agroalimentaire sont gaspillés – ils n'atteignent même pas les milliers d'organismes de bienfaisance alimentaires à travers le Canada. Le gaspillage alimentaire est un problème social majeur. Au contraire, il pourrait constituer une partie essentielle de la solution pour éliminer la faim au Canada.
Gaspiller les surplus alimentaires est un gaspillage à plusieurs niveaux, notamment celui de toute l'énergie et des ressources investies dans la culture, la production, la fabrication, la transformation, la distribution, la commercialisation et la vente de ces aliments. C'est néfaste pour les entreprises, les ressources, les gens et la planète. Le Canada génère chaque année 56,5 millions de tonnes d'émissions équivalent CO2 provenant du gaspillage alimentaire.

Nous pouvons et devons faire mieux.
Il y a encore de l'espoir, si nous faisons tous notre part. Dans son dernier rapport, « Opportunités gâchées », Deuxième Récolte s'est penché sur les pertes et le gaspillage alimentaires dans l'industrie agroalimentaire. Nous avons examiné les types d'aliments comestibles excédentaires, leur provenance et les solutions pour réduire ce gaspillage.