Les Canadiens de l'Atlantique s'adaptent pour nourrir leurs communautés pendant la pandémie
February 3, 2021
February 3, 2021
La pandémie nous a tous forcés à nous adapter. À nous unir. À nous entraider. À soutenir notre communauté locale. C’est une réalité que les Canadiens de l’Atlantique connaissent bien. C’est ce qu’on fait sur la côte est du Canada : s’entraider et s’adapter à son environnement, et non le combattre.
Les initiatives communautaires visant à nourrir les personnes vulnérables et dans le besoin au Canada atlantique ont dû s’adapter aux protocoles sanitaires liés à la COVID-19 et à la distanciation physique.
À l’Île-du-Prince-Édouard, une bibliothèque locale a ouvert un réfrigérateur communautaire et une armoire à produits essentiels, tous deux remplis gratuitement pour les personnes dans le besoin. Des repas chauds à emporter, des lunchs et des collations santé sont offerts en service au volant, et des paniers alimentaires sont livrés à domicile dans les communautés rurales de Terre-Neuve-et-Labrador. Des congélateurs communautaires fonctionnent régulièrement dans les communautés du Nunatsiavut et dans la Première Nation de Miawpukek, à Terre-Neuve-et-Labrador.
Aujourd’hui, nous vous présentons deux histoires inspirantes sur la façon dont Deuxième Récolte a soutenu les Canadiens de l’Atlantique à Terre-Neuve-et-Labrador alors qu’ils s’adaptent à la pandémie pour apporter de la nourriture aux membres de leur communauté qui en ont le plus besoin.
Huit bénévoles, pour la plupart des aînés, gèrent la banque alimentaire de la paroisse Saint-Patrick, une petite structure rurale située à Terre-Neuve-et-Labrador. Installés au sous-sol d'une église, ils distribuent des denrées alimentaires aux familles dans le besoin de la péninsule de Burin, ainsi que de St. Lawrence, Lawn, Garnish, Frenchman's Cove et Winterland.
La banque alimentaire de Saint-Patrick aide habituellement de 25 à 30 familles par mois et, par le passé, dépendait des dons de nourriture et d'argent de la communauté locale pour répondre aux besoins. Grâce à des partenariats avec de plus importants donateurs pour les dons alimentaires et avec Walmart Canada, dont la subvention leur a permis d'acquérir une chambre froide pour stocker davantage d'aliments frais et périssables, Saint-Patrick a pu accroître sa capacité d'accueil et mieux servir les familles.
Puis la pandémie a frappé et leurs services en personne ont dû être adaptés. Saint-Patrick a reçu le soutien du gouvernement et de la communauté et a pu se réorienter afin de servir des aliments sains et de qualité à sa clientèle habituelle ainsi qu'à d'autres membres vulnérables de la communauté, et ce, en toute sécurité.
« Malgré la pandémie, la banque alimentaire de St. Patrick a été extrêmement sollicitée », explique Jeannette Lundrigan, coordinatrice de la banque alimentaire. Cette petite équipe a réussi l'exploit de coordonner la livraison à domicile de près de 500 paniers-repas et de plus de 400 dîners chauds, et a mis en place un service au volant proposant une grande variété de produits, allant des paniers de produits surgelés aux paniers de dinde et de légumes frais, en passant par des cartes-cadeaux d'épicerie d'une valeur de 5 000 $ offertes par la Fondation Sprott par l'intermédiaire de Deuxième Récolte.
« L'amélioration la plus significative a été l'augmentation de la qualité et de la quantité des aliments distribués à nos bénéficiaires, grâce au généreux soutien d'organismes de bienfaisance comme Deuxième Récolte – nous n'aurions rien pu faire sans vous », ajoute Mme Lundrigan. « Les réactions positives de nos bénéficiaires nous encouragent énormément. ».
Le soutien que St. Patrick’s apporte à sa communauté s’étend même aux autres organismes de services : ils ont également partagé des cartes-cadeaux avec une banque alimentaire voisine en difficulté. Il est remarquable de constater ce que cette poignée de bénévoles a accompli en cette période d’incertitude mondiale. Lundrigan le résume parfaitement :
« Nous sommes peut-être petits, mais nous sommes très forts! »



À l’extrémité sud de l’île de Terre-Neuve, à Conne River, se trouve la Première Nation de Miawpukek. Nous avons rencontré Theresa O’Keefe, directrice générale de la communauté mi’kmaq, afin de comprendre l’impact de la pandémie sur l’alimentation de sa communauté, qui compte environ 1 000 membres vivant dans la réserve et hors réserve.
Avant la pandémie, la Première Nation offrait des programmes de soutien social et des services d’emploi à la communauté mi’kmaq, notamment des emplois saisonniers pour les personnes valides. Parmi les initiatives mises en place, on comptait la distribution de bons alimentaires au besoin, la fourniture de collations, de pain et l’organisation de soupers mensuels pour un club d’aînés, des programmes d’apprentissage et de repas pour les élèves et des cours de cuisine pour les jeunes.
Lorsque la pandémie a frappé, la Première Nation a adapté ses programmes aux protocoles sanitaires liés à la COVID-19 et s’est attelée à la tâche pour continuer à soutenir la communauté.
« Nous étions préoccupés par les risques de pénurie alimentaire liés aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement », a déclaré Theresa O’Keefe. « Nous recevons des denrées alimentaires par traversier sur l'île, alors le fait de pouvoir nous approvisionner en nourriture a été un immense soulagement pour notre communauté. » Elle a également expliqué qu'ils avaient eu du mal à se procurer suffisamment d'EPI et de produits de nettoyage au début de la pandémie. Heureusement, ce problème a lui aussi été résolu.
Ils ont fait une demande auprès de Deuxième Récolte pour obtenir des aliments récupérés afin de les distribuer à 350 foyers de la communauté et ont reçu plus de 34 tonnes de nourriture grâce au Programme de récupération des surplus alimentaires. Ils ont mobilisé le personnel du ministère et des bénévoles de la communauté pour entreposer et distribuer les aliments.
Le financement pour la sécurité alimentaire liée à la COVID-19 leur a permis d'obtenir des conteneurs frigorifiques, notamment grâce à leur programme communautaire de pêche commerciale et à un partenaire d'une entreprise de pêche extérieure. Cela a facilité la réception et l'entreposage des aliments congelés pour le rude hiver atlantique canadien.
« Nous avons des réserves alimentaires supplémentaires afin de pouvoir continuer à répondre aux besoins des groupes les plus vulnérables », a déclaré O'Keefe. « Nous avons également soutenu notre centre alimentaire local, qui dessert les membres de notre Première Nation vivant hors réserve ainsi que d'autres familles, afin que les familles vulnérables de notre communauté puissent aussi bénéficier d'une aide alimentaire supplémentaire. Cela nous a permis de soutenir nos proches et nos voisins, et a renforcé notre sentiment de bien-être. »
Lorsque Terre-Neuve-et-Labrador a fermé tous les lieux de travail non essentiels pendant six semaines, la communauté a dû reporter ses programmes saisonniers, ce qui a affecté les revenus de nombreux membres et les prestations d'assurance pour d'autres.
« Les denrées alimentaires de Deuxième Récolte ont allégé les dépenses liées à l'achat de nourriture pour les membres de la communauté qui ont dû prolonger leurs prestations d'assurance-emploi, ce qui leur permet de consacrer leur argent à d'autres dépenses ménagères », a expliqué O'Keefe. « Les aliments sont de grande qualité et riches en féculents et en protéines, ce qui est très apprécié des familles qui n'en ont généralement pas en grande quantité. »
« En cette période hivernale et de Noël où les familles doivent faire face à des dépenses supplémentaires pour les cadeaux et les vêtements d’hiver, disposer de réserves alimentaires a permis d’alléger le stress lié aux achats de nourriture. L’argent ainsi disponible peut être consacré à d’autres besoins essentiels du foyer. »



