7 statistiques sur la lutte contre la faim que tout Canadien devrait connaître

November 5, 2021

Le rapport du Réseau invisible de l’alimentation du Canada, réalisé par Deuxième Récolte et Value Chain Management International (VCMI), est véritablement le premier du genre. Aucun autre rapport n’a recensé et cartographié l’ensemble des organisations non gouvernementales qui nourrissent les Canadiens dans le besoin. Les résultats sont alarmants et révèlent un vaste réseau d’organismes communautaires d’aide alimentaire. Le rapport du Réseau invisible de l’alimentation du Canada a mesuré la quantité, les types et les besoins alimentaires, l’offre et la demande, les pénuries et l’impact de la COVID-19 sur les Canadiens en situation d’insécurité alimentaire et les organismes qui les nourrissent.

Cette recherche constitue une première étape essentielle pour comprendre les défis auxquels font face des millions de Canadiens et les organismes dont ils dépendent. C’est le premier pas vers l’élaboration d’un plan visant à rendre les systèmes alimentaires de notre pays plus durables pour nos citoyens, nos organismes et notre environnement.

Consultez le rapport du Réseau invisible de l’alimentation du Canada ici.

Voici les principales statistiques sur la lutte contre la faim, tirées du rapport du Réseau invisible de l’alimentation du Canada, que tous les Canadiens devraient connaître.

7 statistiques sur la lutte contre la faim tirées d'un rapport du Réseau invisible de l'alimentation du Canada

1. Le Canada compte quatre fois plus d'organismes de bienfaisance alimentaire que d'épiceries.

Le Canada compte 15 344 épiceries, incluant les grandes surfaces et les commerces de proximité. Plus de 61 000 organismes communautaires sans but lucratif y offrent des aliments gratuits ou à faible coût pour répondre à un besoin essentiel. Seuls 3 600 d’entre eux sont des fournisseurs d’aide alimentaire de première ligne, comme les soupes populaires. Les autres sont des écoles, des clubs, des organisations confessionnelles et des centres communautaires qui offrent également des repas.

2. En 2021, 6,7 millions de Canadiens (environ 18 %) ont eu recours à des organismes de bienfaisance alimentaire.

7 hunger relief stats Canadians should know | invisible food network report 2021
Légende : D’après un rapport du Réseau invisible de l’alimentation du Canada : 18 % des Canadiens dépendent des organismes de bienfaisance alimentaire pour se nourrir.

En 2021, l'équivalent de la population totale de l'Alberta, du Manitoba et de la Saskatchewan a eu recours à des organismes caritatifs alimentaires pour se nourrir et nourrir sa famille. Cela représente un nombre considérable de Canadiens en situation d'insécurité alimentaire qui peinent à se procurer des aliments sains et de qualité.

3. Si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le troisième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde.

Si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre après la Chine et les États-Unis. Cela s'explique en partie par le fait que les aliments qui se décomposent dans les décharges produisent du méthane, un gaz 25 fois plus nocif pour notre planète que le dioxyde de carbone. Cela est également dû à l'ampleur considérable du gaspillage alimentaire. À l'échelle mondiale, un tiers de la production alimentaire est perdu ou gaspillé.

4. Chaque année, 24,6 milliards de livres (11,2 millions de tonnes métriques) de pertes et de déchets alimentaires potentiellement évitables finissent dans les décharges.

Le rapport 2019 de Deuxième Récolte, intitulé « La crise évitable du gaspillage alimentaire », révèle que chaque année au Canada, 24,6 milliards de livres (11,2 millions de tonnes) de nourriture potentiellement perdue et gaspillée finissent dans les sites d’enfouissement. Si chaque repas pèse une livre, cela représente potentiellement 24,6 milliards de repas qui auraient pu nourrir des Canadiens dans le besoin, et même des restes.

5. Un Canadien sur sept était en situation d’insécurité alimentaire en raison de la COVID-19.

L’insécurité alimentaire, ou le manque d’accès à la nourriture, ne cesse de croître au Canada depuis des décennies. Avant la pandémie, environ 4,4 millions de Canadiens, dont 1,4 million d’enfants, étaient en situation d’insécurité alimentaire. La COVID-19 a engendré une incertitude mondiale, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et une forte hausse du taux de chômage.

En mai 2020, une famille canadienne sur sept avait du mal à se nourrir, selon Statistique Canada.

6. 72 % de Canadiens en plus ont eu recours à des organismes de bienfaisance alimentaire pendant la COVID-19

Partout au pays, les organismes d'aide alimentaire ont constaté une augmentation du nombre de personnes aidées en raison de la COVID-19. Avant la pandémie, 5,3 millions de personnes bénéficiaient d'une aide. Ce nombre est passé à 6,6 millions pendant la pandémie, passant d'une moyenne quotidienne de 160 personnes aidées par organisme à 275.

En termes de poids, la quantité totale d'aliments et de boissons nécessaires pour nourrir les personnes dans le besoin est passée de 6,1 milliards de livres en 2019 à 9,9 milliards de livres en 2021, soit une augmentation de 61 %.

7. Malgré une demande accrue, le déficit national a diminué, passant de 319 millions de livres à 162 millions de livres.

Bien que la demande de dons alimentaires ait explosé pendant la pandémie, la générosité et la capacité d’adaptation des Canadiens ont contribué à réduire l’écart entre l’offre et la demande. Toutefois, un déficit de 162 millions de livres de nourriture pour nourrir les Canadiens demeure un déficit important.

Cela démontre peut-être qu’en unissant nos efforts et en coordonnant la distribution des surplus alimentaires au sein du réseau invisible de la distribution alimentaire, nous pouvons nourrir davantage de personnes dans le besoin. Mais compte tenu de l’abondance de nourriture produite – et perdue ou gaspillée – chaque année, ce déficit est inacceptable.

Maintenant que nous disposons des statistiques sur l’aide alimentaire et que nous comprenons l’ampleur de nos défis systémiques – et que nous connaissons les organisations canadiennes qui s’efforcent d’apporter des changements –, il est temps d’élaborer un plan. Il est temps de mettre en œuvre des politiques qui rendent notre chaîne alimentaire plus durable pour tous (et pour notre planète).

Consultez le rapport du Réseau invisible de l’alimentation du Canada ici.