Leçons tirées des politiques coréennes en matière de gaspillage alimentaire

November 3, 2023

Note de la rédaction : Le gaspillage alimentaire n’est pas seulement un problème canadien ; c’est un enjeu mondial aux conséquences dévastatrices sur le climat et la faim. Partout dans le monde, les pays s’efforcent de garantir que les aliments de qualité finissent dans nos assiettes plutôt qu’à la décharge, et nombre d’entre eux ont mis au point des stratégies originales pour s’attaquer de front à cette crise.

Au cours des prochains mois, The Harvest Journal explorera les politiques de lutte contre le gaspillage alimentaire à travers le monde et mettra en lumière les initiatives prises par différents pays pour prévenir et réduire le gaspillage, bâtir des systèmes alimentaires plus durables et résilients, protéger notre planète et, enfin, mettre un terme au gaspillage alimentaire.

Peu de pays traitent les déchets alimentaires à une échelle aussi importante qu’en Corée. En 2005, le gouvernement a interdit l’enfouissement des déchets alimentaires avant de rendre le compostage obligatoire à l’échelle nationale en 2013. En 2019, 95 % des déchets alimentaires coréens étaient transformés en engrais, en biogaz et en aliments pour animaux. Quel est le secret de la réussite de ce système, devenu un modèle pour de nombreux pays à travers le monde ?

Une politique intégrée et bien exécutée

Globalement, la Corée dispose d'une politique intégrée et efficace, qui repose sur un équilibre entre incitations financières, participation citoyenne et application des règles en cas de non-respect. Les investissements dans les infrastructures de soutien témoignent de la priorité accordée par le gouvernement à la lutte contre le gaspillage alimentaire et de son engagement en la matière.

Ce système performant de gestion des déchets s'accompagne de campagnes de sensibilisation et d'éducation visant à réduire le gaspillage alimentaire à la source. Par exemple, les restaurants sont incités à proposer moins de plats d'accompagnement et des portions plus petites afin de limiter les restes d'un repas traditionnel, tandis que les bars proposent des menus adaptés aux portions standard et aux petites quantités. En consultant leur facture mensuelle de collecte des ordures ménagères, les citoyens prennent conscience de leur consommation et adaptent leurs habitudes en conséquence.

Une économie circulaire

Le gouvernement coréen subventionne les installations publiques de recyclage qui transforment les déchets alimentaires en aliments pour animaux, en compost ou en biogaz, réduisant ainsi l'impact environnemental de leur élimination.

Dans la banlieue de Séoul, le biogaz issu du recyclage des déchets alimentaires liquides sert à chauffer 3 000 foyers. Parallèlement, les déchets solides sont transformés en compléments alimentaires pour le bétail, ce qui permet de réaliser des économies et de préserver les terres agricoles nécessaires à la culture de fourrage. Les engrais fabriqués à partir de déchets alimentaires sont distribués gratuitement aux agriculteurs et aux initiatives d'agriculture urbaine.

Une taxe sur le gaspillage alimentaire

En Corée, le système de tarification des déchets alimentaires est basé sur le poids des déchets produits. Une famille de quatre personnes ne paie en moyenne que 6 dollars par mois.

Comment se débarrasser des déchets alimentaires en Corée

  • Sacs biodégradables : Vous pouvez jeter vos déchets alimentaires uniquement dans les sacs prévus à cet effet, vendus en supermarché en différents formats et à différents prix.
  • Étiquettes : Achetez des étiquettes pour déchets alimentaires en supermarché et collez-les sur les poubelles spécifiques mises à disposition par la municipalité lorsque vous jetez vos restes. Les éboueurs ne videront pas la poubelle s’ils ne voient pas les étiquettes.
  • Technologie d’identification par radiofréquence (RFID) : Les poubelles équipées d’une balance électronique et de la technologie RFID pèsent les déchets alimentaires au moment du dépôt. La poubelle ne s’ouvre que si l’utilisateur scanne sa carte d’identité. À la fin du mois, le montant de la collecte lui sera communiqué.

Comme près de 80 % des déchets alimentaires sont composés d'humidité, les ménages sont invités à essorer leurs ordures avant de les jeter afin d'en réduire le poids. Cela permet également à la ville de réaliser des économies sur les coûts de transport.